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Premier périodique
entièrement photograpique 

 

Directeur:
Michel Ardan

   

Le Dernier Plan

Bruxelles - L'histoire d'un homme qui voulait oublier sa vie et à qui un autre vient la raconter...

Virgil Iancu, un jeune réalisateur roumain, débarque à Paris accompagné de son cameraman. Il est à la recherche d'informations sur Constantin Dolinescu, célèbre écrivain dissident qui se réfugia en France en 1987 et entama la réalisation d'un film avant de disparaître sans laisser de traces.

L'enquête de Virgil lui permet d'approcher une série de témoins (dont Pierre Arditi, Jean-Michel Jarre, Pierre Assouline, François Schuiten...), éclairant peu à peu la personnalité tourmentée de Dolinescu, les aléas de son exil et les difficultés de son projet cinématographique. Le jeune homme met la main sur de nombreux documents, et notamment sur quelques extraits des deux versions du film inachevé.

L'implication personnelle de Virgil dans sa recherche est de plus en plus manifeste. Ce qu'il veut, plus encore que mener à bien son documentaire, c'est découvrir ce qu'est devenu Dolinescu : pourquoi ses proches ont-ils tant de réticences à parler ? et s'il n'est pas mort, où se cache-t-il ?

Après sa rencontre avec Sonia Delange, l'actrice qui tenait le premier rôle, et finalement sa confrontation avec Constantin Dolinescu, se révèlent les véritables enjeux de la quête du jeune homme et les liens intimes qui l'unissent à l'écrivain.

Bouleversé par l'état de Constantin, abandonné par son cameraman, Virgil commence à perdre pied. Veut-il arracher Constantin à son sort et le ramener en Roumanie ? reprendre le film abandonné et le finir avec lui ? N'est-ce pas plutôt de Sonia qu'il est en train de tomber amoureux, cherchant à la séduire à travers ses liens avec Constantin ?

Pourquoi réaliser ce film? Y a-t-il une quelconque connexion obscure? Nous l'avons demandé à Benoît Peeters, réalisateur de ce film.

The Light: Pourquoi avez-vous fait ce film?
Benoît Peeters:  42 ans... C'est un peu tard, non, pour un premier long métrage. Ce n'est pourtant pas faute d'y avoir pensé, d'en avoir rêvé. C'est comme si, pendant vingt-cinq ans, je n'avais cessé de m'y préparer, à travers de multiples travaux d'approche. Les premières tentatives, vaguement expérimentales, en super-8 puis en 16 mm. Les romans, les biographies, les pièces radiophoniques. Les scénarios de bande dessinée, de "romans-photos" (avec Marie-Françoise Plissart), de films mêmes (pour
Raoul Ruiz). Les textes sur le cinéma. La réalisation de courts métrages et de documentaires. Puis cette longue et tortueuse élaboration d'un scénario de long métrage. Presque dix années de tâtonnements et de ratures. Comme si un premier film appelait une solennité particulière, presque sacrée.

Toutes ces années avant de retrouver, dans un projet de long métrage, la liberté de l'écriture, la légèreté du documentaire, et comme une forme d'évidence. Très peu d'argent (ce qui fait quand même beaucoup par rapport à la bande dessinée). Une production entièrement belge. Une équipe réduite à l'extrême. Des supports très variés, du super-8 au 35 mm, en passant par la DV-cam et la Beta numérique. Une envie de trouver une esthétique à travers les contraintes économiques. Et surtout de raconter des choses un peu fragiles, qui me tenaient beaucoup à coeur.

The Light: Où et quand avez-vous eu l'idée?
Peeters:  Il est difficile de dire au juste quand l'idée est apparue. Car les premiers tâtonnements sont très anciens. Et il en reste quelque chose, à travers les films dans le film que l'on trouve dans LE DERNIER PLAN (le premier film dans le film est directement inspiré du storyboard préparé avec François sous le titre "La Cité des Ombres" ; le second, "La Ride" correspond au scénario que nous avions développé un peu plus tard, en collaboration avec Pierre Drouot). Puis il y a eu la longue aventure de "Taxandria", à laquelle je n'ai été associé qu'indirectement, mais qui m'a beaucoup fasciné...

Un jour, dans une conversation avec François, en voiture, l'idée est apparue : faire un film à partir de toutes ces expériences, raconter les drames nés autour d'un film, d'un réalisateur perdu. Le reste s'est agrégé petit à petit : la Roumanie, l'exil, Sonia... Autour du thème principal, le reste s'est agrégé assez facilement, de manière très naturelle.

The Light: Comment se sent-on quand on fait son propre film?
Peeters:  Un peu effrayé bien sûr, par l'ampleur des responsabilités. Surtout que j'étais à la fois co-scénariste, réalisateur et producteur. Mais très vite je me suis senti bien, à l'aise et à ma place.

Et ce drôle de film — qui, peut-être pour les exorciser, met en scène quelques-unes des illusions que peut engendrer le cinéma, des difficultés sur lesquelles il bute, des drames auxquels il peut donner naissance — s'est tourné et monté dans un bonheur constant, suscitant de nouvelles envies de réalisation, comme pour faire mentir son titre : LE DERNIER PLAN.

The Light: Etes-vous heureux du résultat?
Peeters:  Oui, plutôt. Bien sûr, vis-à-vis de tout ce que j'ai pu faire - livres,expositions ou films - un regard autocritique ne tarde pas à se développer. Il y a toujours des choses qu'on ne referait pas tout à fait comme ça, des détails qu'on aimerait reprendre. Mais je dirais en tout cas que, parmi tout ce que j'ai pu faire, LE DERNIER PLAN est l'une des choses dont je suis le plus heureux.

The Light: Schuiten a aidé avec l'idée originale et a joué un rôle dans le film; l'oeuvre est-elle reliée au Monde Obscur?
Peeters: François a accompagné la naissance du projet, et a été présent à beaucoupde stades de l'élaboration. Le film n'est pas pour autant une "Cité obscure", c'est assez clair. Mais il doit avoir quelques traits communs avec l'esprit de notre travail commun. On y retrouve notamment cette limite incertaine entre le vrai et le faux, qui est au coeur du "Dossier B" ou du "Guide des Cités".

The Light: Voudriez-vous vous atteler de nouveau à un tel projet? Quels sont vos plans?
Peeters:  Le cinéma reste une machine bien lourde : il faut rassembler de l'argent, convaincre de nombreux interlocuteurs, puis tenter de faire vivre le film dans les festivals, les salles et les télévisions. Ce n'est pas une mince affaire. Je ne suis pas encore au bout de l'aventure avec LE DERNIER PLAN. (Curieusement aujourd'hui, les choses se passent de manière plus facile aux Etats-Unis qu'en Europe...)

Mais bien sûr, j'ai une grande envie de me relancer dans des projets de réalisation, de documentaire (quelque chose autour du Mundaneum est en gestation avec la réalisatrice belge Françoise Levie), mais aussi de fiction (il est encore un peu tôt pour en parler).

Cela ne veut pas dire, naturellement, que je veux me consacrer entièrement au cinéma : j'ai toujours eu le goût de mener de front plusieurs projets, et je ne crois pas que cela changera...



LE DERNIER PLAN

long métrage 35 mm couleur (90')

idée originale
FRANÇOIS SCHUITEN
BENOÎT PEETERS

scénario
BENOÎT PEETERS
SANDRINE WILLEMS
PIERRE DROUOT

réalisation
BENOÎT PEETERS

Interprètes

Virgil Iancu FLORIN PIERSIC JR
Sonia Delange / Vera  MANUELA SERVAIS
Constantin Dolinescu MIHAI DINVALE
Ludovic PIERRE ARDITI
Toma  CONSTANTIN FLORESCU
Zamiatine  BERNARD MARBAIX
Judith Marchal  VALÉRIE VAN NITSEN
Jean Dumaurier  JEAN-MICHEL VOVK
Pavel  BERNARD GRACZYK
Virgil (enfant) ANTOINE BERGER
Claude Rulisse  ROBERT BODSON

et dans leur propre rôle

PIERRE ARDITI JEAN-MICHEL JARRE
PIERRE ASSOULINE  FRANÇOIS SCHUITEN
ERIK ORSENNA PIERRE DROUOT
BERNARD PIVOT  PAUL GERMAIN

image
ELLA VAN DEN HOVE

ingénieur du son
JEAN-JACQUES QUINET

décors
ANDRÉ FONSNY

montage
SUSANA ROSSBERG

musique originale composée par
IVAN GEORGIEV

directrice de production
JACQUELINE LOUIS
assistée de
PATRICIA KILESSE

production
LES PIÉRIDES (BRUXELLES)

avec l'aide du
LE CENTRE DU CINÉMA ET DE L'AUDIOVISUEL
DE LA COMMUNAUTÉ FRANÇAISE DE BELGIQUE
LA LOTERIE NATIONALE
LES TÉLÉDISTRIBUTEURS WALLONS

Vente

Los Angeles - Ce premier long métrage de Benoit Peeters, LE DERNIER PLAN, a participé à une vente aux enchères de films indépendants étrangés, à Los Angeles, le 3 mars 2000.A cette occasion, deux extraits du film sont visibles sur le Net à l'adresse : Films4Auction.com

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