-

page principale

English version

Premier périodique
entièrement photograpique 

 

Directeur:
Michel Ardan 

 

ATTENTION! Ce spectacle est finie, nous espérons vous en proposer bientôt un compte rendu.

Du 23 mars au 1er avril 2000 à Paris

Un spectacle-énigme de François Schuiten et Benoît Peeters

Paris - En 1980, François Schuiten et Benoît Peeters, deux amis d'enfance, découvrent par hasard, lors d'une visite approfondie du Palais de Justice de Bruxelles, un passage vers un univers parallèle au nôtre : celui des "Cités Obscures". Désireux de tout partager avec leurs semblables, ils se doivent de révéler l'existence de ce vaste continent. 20 ans de complicité et 13 albums BD plus tard, leurs efforts ne sont pas vains. Mais leur travail d'investigation n'a cependant pas permis de percer tous les mystères comme en témoigne "L'Affaire Desombres". 

(Photo : Jean-Pierre MAURIN)

"L'Affaire Desombres", un spectacle multimédia

C'est à l'Auditorium du Forum des Images de Paris que sera présenté, du 23 mars au 1er avril 2000, le nouveau spectacle des auteurs de la série BD à succès "Les Cités Obscures". Innocent le choix du lieu ? A voire. Avec le nouvel espace de l'Auditorium, le Forum des Images s'attache à développer une programmation de spectacles vivants novateurs, liés intimement à l'image et aux nouvelles technologies. Ce spectacle aux confluents de la musique, de la scène, de l'image et du multimédia s'installe donc en toute cohérence dans l'espace modulable de l'Auditorium.

Desombres sort de l'anonymat

La rencontre de F. Schuiten et B. Peeters avec le compositeur et musicologue Bruno Letort sera le catalyseur pour relever le défi d'une mise en scène théâtrale de "L'Affaire Desombres". Le matériau réuni par les trois complices (films d'archives, dessins, montages-vidéos, témoignages, partitions musicales, …) est riche assez pour tenter de percer le mystère Desombres et contribuer à une réhabilitation de l'artiste.

"Cela fait plus de dix ans que l'on se penche sur ce personnage", explique B. Peeters. C'est un de ces petits maîtres de peinture que la Grande Histoire de l'art a oublié. Pour nous, c'est un passeur, un de ces artistes qui trouvent un point de passage vers d'autres réalités." Le mot est lâché : Desombres aurait-il découvert un passage vers les Cités Obscures ?

Le peintre ne racontait-il pas dans ses carnets (découverts récemment) qu'il entendait des sons à travers les parois de son atelier. Persuadé très tôt de l'existence de "L'Autre monde", il y aurait voyagé plusieurs fois avant de disparaître un jour de novembre 1906. Son corps n'a jamais été retrouvé … De l'oeuvre d'Augustin Desombres, ne subsistent aujourd'hui que peu de traces, dont deux toiles de jeunesse conservées dans un musée parisien.

(Photo : Jean-Pierre MAURIN)

Sur scène 

L'on peut parler d'une véritable osmose sur scène entre les différentes formes choisies par F. Schuiten et B. Peeters : la musique interprétée "en live" par un quatuor à cordes, une basse électrique et des instruments à vent, la diffusion d'archives en 35 mm et images vidéo, la présence d'objets aussi étonnants qu'insolites issus de l'univers d'Augustin Desombres, conférence, images, peintures, sculptures, théâtre, cinéma… Avec la musique de Bruno Letort en guise de fils rouge.

Notons enfin aussi la présence sur scène aux côtés de F. Schuiten et B. Peeters de la jeune comédienne Catherine Aymerie, instigatrice d'une thèse, la seule référencée à ce jour, consacrée à Desombres.

Une interview de Benoît Peeters

The Light : Pourquoi y-a-t-il une "affaire" Desombres et pourquoi est-ce un "spectacle-énigme" ? Tout cela semble très mystérieux.

Benoît Peeters: Il y a Affaire Desombres, car l'essentiel des pièces concernant ce peintre a été occulté. Nous pensons que ce n'est pas par hasard. Les découvertes récentes de Catherine Aymerie et Bruno Letort permettent d'aller plus loin que nous ne l'avons fait précédemment.

The Light : Quelle est l'importance des nouvelles technologies dans votre spectacle ? 

Benoît Peeters : Le spectacle est d'essence multimédia. Parce qu'il même parole, musique, projections. Parce que ces projections sont de différents styles. Mais là n'est pas l'essentiel : ce qui compte, c'est que l'on pourra mieux approcher le peintre... et donc les Cités.

The Light :  Est-ce que de nouvelles technologies ont été également utilisées pour la musique ? 

Benoît Peeters : Pour l'essentiel, non, il s'agit d'une formation classique : six musiciens sont présents sur scène. On pourra toutefois entendre certains enregistrements intrigants.

The Light :  Dans le dossier de presse, on mentionne que Desombres n'est même pas repris dans le dictionnaire, pourquoi alors lui consacrer un spectacle ? Doit-on le réhabiliter ? 

Benoît Peeters : C'est justement parce que les dictionnaires courants passent Desombres sous silence qu'il est en temps de le réhabiliter. N'oublions pas qu'un peintre comme Jean-Léon Gérôme, qui fut son maître, le tenait pour un artiste de premier ordre. Et que Maurice Maeterlinck lui-même avait une grande admiration pour ses tableaux. Nous nous situons à cet égard dans une démarche comparable à celle du Dossie B. Avant l'enquête de Wilbur Leguebe, qui parlait de ces phénomènes que chacun connaît aujourd'hui. Qui se souciait d'Henri Vandebelle, de James Welles et de Paul van den Boeynants ? Nous espérons que "L'Affaire Desombres" contribuera elle aussi à un réveil des esprits. 

 The Light : Il y a l'origine de ce spectacle 2 rencontres ?

  • avec Bruno Letort (musique)
  • avec Catherine Aymerie (comédienne)

Comment cela s'est il passé ? 

Benoît Peeters : Nous ne pouvons naturellement tout dévoiler. Ce qui est clair, c'est que ces deux personnes avaient mené des recherches personnelles sur Desombres, et savaient par certains de nos albums l'intérêt que nous portions à ce peintre. Nous avons déjà eu l'occasion de dialoguer avec Letort pour l'exposition de Villeneuve-sur-Lot "Rêves de pierre" ; puis pour le disque "Mégapoles". "Mégapoles". Quant à Catherine Aymerie, nous avons été stupéfaits par le nombre et la qualité de ses découvertes...

The Light : Quel est votre rôle sur scène avec F. Schuiten dans ce spectacle ? 

Benoît Peeters : Nous n'intervenons pas directement sur scène. Mais Catherine Aymerie a tenu à nous interroger, et cette interview est présentée. Vous verrez que, malheureusement pour nous, elle est loin d'être fan de bande dessinée.

The Light : Pensez-vous qu'un jour on connaîtra tout des Cités Obscures et des passages ?

Benoît Peeters : Sûrement pas. Pas plus qu'on ne connaîtra un jour tout de notre bonne vieille Terre. Chaque découverte soulève de nombreuses questions. Heureusement que les chercheurs sont de plus en plus nombreux. Ne serait-ce que sur Internet, nous sommes frappés par le nombre de pistes qui sont explorées. Par Jim Harrison et Sylvain Saint-Pierre. Par Quentin Gausset, Alex Willem, Philippe Blampain, James Rooms. Et bien sûr par vous depuis si longtemps...

The Light :  On mentionne dans le dossier de presse que les Cités Obscures = reflet décalé de la Terre. Qu'est-ce que cela veut dire ? Quel est l'intérêt si c'est un reflet de notre monde ?

Benoît Peeters : C'est une façon un peu approximative de parler. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a des liens entre les deux mondes : des personnages, des bâtiments, des objets, des livres, sont passés d'un monde à l'autre. Ces relations entre les deux univers restent toutefois complexes et mystérieuses.

The Light :  Quel est votre objectif en présentant ce spectacle :

  • faire découvrir les Cités ?
  • faire découvrir Desombres ?
  • faire découvrir l'esthétique des nouvelles technologies ?
  • autre ?

Benoît Peeters : Faire redécouvrir Desombres d'abord. Et montrer, au coeur de Paris, en cet endroit où se dressaient naguère les Halles de Baltard, toute la présencedu monde obscur...

The Light : Y a-t-il un dvd ou cdrom prévu pour ce projet ? 

Benoît Peeters : La chose est à l'étude. Il serait effectivement souhaitable de rendre les documents accessibles à un large public.

(Photo : Jean-Pierre MAURIN)

 L'Affaire Desombres à l'Auditorium du Forum des Images, Nouveau forum des Halles, porte Saint-Eustache, 75001 Paris Tel: 0144 76 62 00 http://www.forum.vdp.fr/  Du 23 mars au 1er avril 2000 à 20 h 30. Sauf le dimanche 26 mars à 16 h 00.Relâche le lundi   

Association "Les Amis d'Augustin Desombres" 12, Boulevard Saint-Martin 75010 Paris