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Premier périodique
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Directeur:
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| BRUXELLES
- Tout droit sorti des livres de contes de
Perrault, « Cendrillon » est venu, l'espace
de quelques jours, livrer ses merveilles et ses rêveries
sur la scène du théâtre Royal de la Monnaie à Bruxelles.
L'opéra « La Cenerentola » (petite cendre)
de Rossini a en effet ravi de nombreux spectateurs par la
merveilleuse interprétation de ses artistes, sa
somptueuse scénographie et son admirable mise en scène
qui auraient presque fait oublier la magnifique
uvre du grand compositeur italien.
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LA SCENEMagnifiquement aidé en cela par la mise en scène de François DeCarpentries et les décors de François Schuiten, le spectacle semble sortir du livre de conte dont il est issu. Cet immense livre rouge à la tranche dorée et aux ferrures d'acier se tient dressé au milieu de la scène, au début immobile, ouvert et la tranche tournée vers la salle. Durant l'ouverture, on découvre Alidoro aux allures de bibliothécaire qui s'endort sur son établi, tournant le dos à deux fantastiques bibliothèques qui se tiennent de part et d'autre de la scène. A la fin de l'ouverture, Alidoro est réveillé pas deux étranges farfadets qui lui proposent un livre. Alidoro l'ouvre et le conte peut commencer ! |
LA PIECEDurant le premier acte, le livre va progressivement tourner sur lui-même pour présenter ses différentes faces à l'auditoire. Instrument ayant servi à nous proposer l'histoire, il sert aussi à introduire les différentes scènes et à moduler l'espace comme s'il voulait dépasser sa fonction narrative et devenir un véritable acteur de la pièce pour ensuite redevenir le support qu'il a toujours été au moment où s'écrive sur ses pages les noms de trois filles de Don Magnifico, le père indigne. Le livre se refermera enfin au moment où il semble que le destin de Don Magnifico et de ses deux méchantes filles est scellé, l'amour de Cenerentola et de Don Ramiro semblant enfin révélé. Au deuxième acte, le livre emballé par Alidoro dans un drap blanc disparaîtra progressivement comme se fini l'histoire. |
L'IMPRESSIONA n'en point douter, le spectacle et son ambiance particulière semblent avoir enchantés l'auditoire. Ambiance particulière car il n'est pas habituel d'assister à pareille scénographie et mise en scène. Aidée par les costumes de Jorge Jara, la scénographie nous propulse tout droit dans le monde des Cités Obscures : les livres et les bibliothèques géants, les fragiles machines volantes comme on les concevait au début de notre siècle (dans lequel arrive Dandini, le valet de Don Ramiro ainsi que repartiront les choeurs à la fin du spectacle), des costumes anachroniques, des sièges faisant le tour de la scène tout droit sortis des cartons à dessins d'Eugen Robick et le sol représentant un cadran solaire que l'on imaginerait aisément à Armilia. Tout cela entraîné par un énigmatique Alidoro, le sage et magicien, gardien du savoir ancestral et sourcier de ce conte dont on se demande bien s'il ne nous a vraiment pas emmené, l'espace de quelques heures et sans que nous nous en apercevions sur le continent obscur ! Un nouveau passage, en tout cas vers le rêve, s'est ouvert... A.W. |
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