PARIS -
Les temps changent. Depuis des décennies, la discrétion
était de mise pour quiconque voulait, dans nos régions,
aborder le domaine des Cités
Obscures.
Mais apparemment, c'est de l'histoire ancienne. De plus
en plus fréquemment, ce sujet est ouvertement discuté.
Pour preuve, l'initiative du café littéraire "La
Maroquinerie" : Ils nous ont proposé ni plus ni
moins la visite d'Urbicande!
Le guide pour l'occasion était Alok
Nandi , webmaster du site d'Urbicande. Il commenta
pour nous tous les méandres des lieux.
Cela constitue une grande première: Un voyage de
groupe organisé au départ de Paris vers Urbicande, ce
voyage était ouvert à tous, il n'était nullement
nécessaire de faire partie d'un quelconque groupement
obscure.
La technique permettant le passage reste encore obscure,
selon les dires du passeur, Jean-Paul Firman," Nous
montons un grand écran, nous braquons dessus un
vidéo-projecteur et nous projetons le site. Et nous le
visitons, en compagnie de son auteur, commentaires à
l'appui. Le plaisir de la rencontre partagée est la
seule raison de ce voyage immobile." Cette
présentation s'inscrit dans le cadre de la série
"Hyperécrivains?" qui se propose de faire
visiter en direct des sites à vocation littéraire (au
sens large) dont les auteurs prennent à bras le corps
les problèmes que pose la création sur et pour la
Toile.
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Le compte
rendu
Cette expérience s'était produite le lundi 20 mars,
à 20h30 à La Maroquinerie (23 rue Boyer, Paris). Nous
avons demandé à Jean-Paul Firman de nous en parler,
voici ses explications :
"Voici donc des nouvelles du dernier passage
(à ma connaissance) ouvert vers les Cités.
Mes tentatives d'entrée en solitaire par les bretelles
que propose le réseau des autoroutes de ce côté-ci de
la Toile s'étaient heurtées à des impasses, des
blocages, des interruptions, des interventions de
programmes aléatoires qui accroissaient l'obscurité de
la visite. Visiblement, le passage est plus facile pour
certains (Peeters
& Schuiten,
par ex.) que pour d'autres.
J'ai alors contacté Alok Nandi. D'un commun accord, nous
avons décidé d'utiliser une méthode différente, qui
fut (pour autant que je sache) la première du genre : le
passage en groupe sur un portable.
Sans aucune connexion avec la Toile, nous avons relié le
portable d'Alok Nandi à un vidéo-projecteur et braqué
celui-ci sur l'un des murs de La Maroquinerie
(d'autres voyages vers d'autres sites, au cours de
l'année précédente, nous avaient montré qu'un grand
écran était plutôt une gêne, à tout le moins une
complication inutile. Quant à la liaison directe par une
prise d'internet, elle se heurte trop fréquemment à des
impasses, des blocages, des interruptions, des ruptures
de charge & autres interventions des lois de l'aléa
et de l'hébergement réunies).
Le passage s'est alors ouvert sans difficulté ni
incidents. Il nous a permis de vérifier que La
Maroquinerie était bien une passerelle vers les Cités
Obscures, et cela depuis un certain temps, car certaines
des portes qui s'ouvraient à nous correspondaient à des
états du site Urbicande qui ne sont plus en ligne.
Mais la temporalité obscure n'est pas tout à fait la
nôtre, comme nous le savons tous, puisqu'en revanche il
nous fut donné de voir certaines parties du site qui, à
l'état de projet, ne sont pas encore accessibles à
l'urbanaute non-initié.
En un peu moins d'une heure, nous avons pu survoler le
côté obscur, certes d'une manière superficielle, mais
qui donnait une bonne vue d'ensemble à ceux dont
c'était la première visite, et qui a permis aux
familiers d'évoquer le futur des Cités, et plus
particulièrement de l'expérience de Louvain-La-Neuve.
Nous sommes revenus d'autant plus satisfaits que nous
avons soigneusement repéré les lieux & les
procédures de passage, et que nous n'aurons aucun
problème à faire de nouveau le mur au coeur du XXe
arrondissement."
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